Romain REYNOUDT, 27 ans, exerce un métier dit de nouvelle génération, qui ont émergé grâce à l'arrivée des films d'animations 3D. Polyvalent dans un studio français, Blue Spirit sur Angoulême, il nous explique son parcours, les raisons et les difficultés rencontrées. Un monde fermé, voire secret, où les studios se défendent à coup de crayons et d'images de synthèse.

Avant d'être modeleur 3d, Romain REYNOUDT se destine à devenir designer d'objets. Son BTS ACI design produit lui permet de travailler la forme et les volumes d'objet. Diplôme en poche, il décide de s'orienter vers l'animation 3D qui commence à émerger : "Je fais parti de la génération qui a vu le 1er long métrage d'animation 3D « Toy story ». Je me suis laissé guider par mes envies et la passion du dessin". Il lui suffit d'apprendre les logiciels spécifiques dans une école privée, pendant un an, pour décrocher son billet d'entrée.
A la recherche d'un emploi, il se retrouve sans piste concrète. "J’ai attendu 1 an avant de trouver un cdd, il y a eu pas mal de refus, de rencontres, mais ca permet de bosser chez soi pour ne pas perdre la main". Romain à une idée précise de ce qu'il veut.
"En France la 3D paraissait plus accessible pour les jeux vidéo, mais ce que je cherche avant tout c'est une ambiance sympa, détendue, je marche beaucoup au feeling".
Et il a raison. Tombé au bon moment et au bon endroit, un ami lui offre sa chance. Son passé de designer y est pour beaucoup. Le salaire n'est pas sa priorité, Romain préfère s'éclater dans son boulot et apprendre des autres "je faisais le job que je voulais où j'apprenais avec des gens compétents dans une ambiance qui me convenait totalement". Avec le temps les exigences suivront.

Les qualités requises pour percer sont la passion, le talent et la persévérance. Le métier se veut rude, les CDD se succèdent "on a des contrats d'intermittents du spectacle. La précarité on s'y attend, il faut se préparer à changer de région et à travailler différemment". Face aux grands studios américains, la France n'a rien à leur envier, certes leur budget leur permet plus de facilités pour les longs métrages mais nos séries se défendent bien. Mais la France n’est pas encore prête aux longs métrages, "seule Actions Synthèse arrive à créer des films capables de concurrencer quelques films d'animations américains".

Tenter l'expérience au delà de nos frontières, Romain y songe
"j’avais besoin de me construire professionnellement avant de tenter ailleurs, aujourd'hui je me sens prêt, j'ai déjà eu quelques contacts intéressants pour la suite à Montréal".
Quand on lui demande comment il se voit dans 10 ans, Romain reste lucide "je ne crois pas que l’on puisse mener une très longue carrière dans la 3D, c’est un métier vraiment jeune où l'on s’épanouit quelques années. Mais il faut rapidement se reconvertir".

Cette échéance, il y a déjà pensé. Loin de la technologie et de l'animation, il espère retourner à la nature en tant qu'ébéniste créateur d'objets.

source Romain REYNOUDT